Hikikomori, ou le confinement permanent

Dans les années 70, un trouble étrange fut décrit au Japon. Certains jeunes adultes, ou même adolescents, semblaient se renfermer inextricablement sur eux même, se retirer de la société à leur domicile, sans aucune interaction avec le monde extérieur. Appelés Hikikomori dans les années 80 (littéralement : « revenir vers l’intérieur »), et démocratisés par le psychologue Tamaki Saito dans un livre en 1998, on en recense actuellement dans tous les pays du globe. Comment expliquer ce repli social ? Existe-t-il en tant qu’entité clinique autonome, ou est-il un syndrome trans-diagnostique ? L’origine du trouble est-elle sociale, biologique, ou culturelle ? C’est en 1978 qu’un psychiatre japonnais, Yomishi Kasahara, décrit pour la première fois un retrait social extrêmement profond chez de jeunes adultes, qu’il nomme « névrose de retrait ». Cependant, ce retrait au domicile existerait depuis bien plus longtemps : dès les années 50, on ...