vendredi 16 octobre 2015

LE SEXE NEURONAL


J’aime le sexe. Au sens purement scientifique, cela va de soi. Il n’existe pas, selon moi, de lien plus fort et plus évident entre le corps et l’esprit. Ou en termes plus scientifiques, entre les états mentaux et les capacités de notre organisme.


Prenons un exemple : le fait que vous soyez anxieux ou déprimé ne vous empêchera pas de lever le bras si on vous en donne l’ordre ou si vous en avez envie. Cet état mental peut bien sûr influencer vos capacités physiques (c’est d’ailleurs tout aussi mystérieux), mais il ne pourra pas vous empêcher d’effectuer le geste. En revanche, si vous êtes tracassés et déprimés et que vous ayez la tête ailleurs, vous aurez bien du mal à bander quand bien même vous le désirez ardemment !

On touche d’ailleurs là une autre caractéristique de la sexualité. Bien qu’elle soit intimement liée à nos états mentaux, elle se refuse au contrôle de la volonté. Chez une femme, un rapport sexuel peut être douloureux, quand bien même elle souhaite de tout son cœur qu’il soit agréable. Il y a donc un état mental (ici l’anxiété par exemple) qui influe directement et fortement un phénomène purement physique (la lubrification vaginale grâce aux sécrétions des glandes de Bertholin, au niveau du vestibule du vagin).

On peut ressentir une stimulation sexuelle sans aucun stimulus externe. Un petit peu de la même manière que la joie ressentie au souvenir d’un instant heureux. On est autosuffisant sexuellement ! (dans le cadre du plaisir sexuel). Je ne sous entends pas ici que nous maîtrisons nos désirs sexuels (s’il y a bien une chose que l’on ne peut pas maîtriser…), mais que ceux-ci proviennent uniquement de nous-même, de notre esprit. En ce sens, la sexualité est autonome. Nous n’avons besoin de personne ni pour ressentir ni pour assouvir un plaisir sexuel.

Il y a aussi ces phénomènes étranges, comme l’érection que l’on observe chez les hommes pendant le sommeil paradoxal. Cette phase du sommeil, durant laquelle nous rêvons, est dite paradoxale car bien qu’on observe à ce moment-là une activité cérébrale similaire à l’éveil, le tonus musculaire de l’ensemble du corps est réduit à néant (à l’exception notable des mouvements oculaires, à l’origine d’ailleurs du nom anglais du sommeil paradoxal, Rapid Eyes Mouvements ou REM). Pour faire simple, nous sommes dans un état de quasi-éveil dans un corps complètement flasque. Complètement flasque ? Pas tout à fait, car l’organe de Monsieur lui, monte la garde ! Chose intéressante à noter, cette érection survient qu’importe la nature du rêve, sexuelle ou pas (ce qui veut dire qu’en effet, il t’est peut être arrivé d’avoir une érection alors que tu rêvais de ta belle-mère, ou d’un poney).

Le sexe neuronal peut aussi devenir pathologique. Addiction, sadomasochisme (mais est-ce vraiment une pathologie ? J’ouvre le débat !), fétichisme (débat là aussi ouvert !), pédophilie… Dans ces cas là, l’origine de la pathologie est-elle mentale, psychologique, où connait-on des bases neurologiques à ces états ? L’imagerie cérébrale nous en apprend beaucoup et l’on commence à caractériser des lésions bien qu’on ne sache pas toujours intégrer les dans une explication globale.

Enfin, le sexe est un sujet ouvert à tous les domaines, que ce soit la neurobiologie, la psychiatrie, la philosophie ou la sociologie. C’est un objet soumis à de multiples influences (je pense notamment à la pornographie et de manière plus large, au rapport que nous avons avec notre corps) culturelle ou historique. C’est enfin un sujet qui touche à notre nature même, à ce que nous pouvons avoir de plus intime, qui peut être source de grands questionnements et qui est prisonnier de trop de tabous !

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